Entretien avec Karim Ghiyati, directeur de Languedoc-Roussillon Cinéma

Karim GhiyatiBonjour Karim Ghiyati. Pourriez-vous vous présenter et l'activité de votre structure ?

Je dirige Languedoc-Roussillon Cinéma depuis novembre 2010 après avoir été directeur artistique de la Cinémathèque de Corse de 2002 à 2009 et avoir enseigné l’histoire du cinéma aux universités Paris 1 et Paris 3 de 1996 à 2002.

J’ai toujours été animé par le désir de transmettre une passion, celle du cinéma, de son histoire, de son actualité et de sa fabrication, ceci de manière incarnée. Aujourd’hui, à Languedoc-Roussillon Cinéma, je poursuis cette action avec des outils me permettant de suivre la vie d’un film de sa préparation à sa présentation au public.
Plusieurs projets sont portés par une équipe de dix personnes que je dirige : le bureau d’accueil des tournages qui accompagne la préparation et le tournage d’un film ; Le secteur professionnel qui mène toute l’année des actions de formation et d’information au profit des centaines de professionnels installés en région, en oeuvrant notamment pour qu’ils travaillent sur les films tournés en région.
Nous menons des actions envers les scolaires et les enseignants (projections, ateliers pratiques, conceptions d’outils pédagogiques…)
Enfin, nous entretenons des liens forts avec les lieux de diffusion (salles de cinéma, festivals, médiathèques…) pour accompagner les films que nous soutenons : fictions et documentaires, court et longs métrages, films de cinéma et de télévision.

En somme, le projet global de la structure a pour moteur le film et pour objectif le public, en ayant le souci permanent de créer des ressources et d’être au plus près des professionnels et de leurs problématiques.


Pourriez-vous revenir sur la genèse de votre structure et son rôle au niveau de la région Languedoc-Roussillon ?

Languedoc-Roussillon Cinéma est née en 2006 avec le choix fort de la Région Languedoc-Roussillon et du service déconcentré en région du Ministère de la Culture, la Direction Régionale des Affaires Culturelles (Drac), de donner une impulsion nouvelle au développement du cinéma et de l’audiovisuel en région, faisant suite à la création l’année précédente, du fonds d’aide à la production, soutenant financièrement des projets de films.
La région était l’une des dernières à ne pas avoir mis en place ces soutiens aux productions, et, les chiffres l’attestent, les tournages se sont depuis, multipliés, portés par des sociétés de production installées en région et venant également d’ailleurs.

Languedoc-Roussillon Cinéma est devenu alors l’outil œuvrant de manière très pratique à la mise en place de cette politique de soutien, passant par la structuration de la filière professionnelle, par des actions visant à faciliter les tournages sur l’ensemble du territoire régional, grâce à des liens étroits avec les communes.
Les projets liés à la sensibilisation des scolaires de tous âges et le fort désir de montrer des films accompagnés de rencontres a toujours animé historiquement Languedoc-Roussillon Cinéma, y compris lorsque l’association se nommait alors Bande Annonce (de 1994 à 2006).

Une impulsion nouvelle est donnée aujourd’hui pour poursuivre ces actions et pour devenir un acteur culturel volontariste dans la région, afin d’en faire un vaste plateau de tournage, une vaste salle de cinéma, où se rencontrent ceux qui font les films et ceux qui les montrent, ceux qui les analysent et ceux qui les regardent.


Pour quelles raisons votre structure s'est-elle impliquée dans le projet CultiZer ?

Pour une raison de fond et une autre plus conjoncturelle : sur le fond, LR Cinéma développe des outils de communication et d’information principalement à destination des professionnels et des acteurs culturels du cinéma et de l’audiovisuel. Mais l’objectif de LR Cinéma est de valoriser davantage auprès du grand public tout ce qui se fait autour du cinéma en région. CultiZer nous est apparu comme un projet susceptible de répondre à cet objectif.
De façon plus ponctuelle, il se trouve que la proposition de Réseau en Scène Languedoc-Roussillon et la société ASA est arrivée à un moment où LR Cinéma refondait ses outils numériques, site internet et newsletters, ce fut donc l’occasion d’avoir une vision globale et complémentaire de ces différents outils.

Quelles avantages votre structure tire de cette collaboration ?

Une réflexion et une mise à jour sur les outils numériques et surtout un rapprochement intéressant avec des structures d’autres champs culturels : c’est une nouvelle manière de travailler avec des associations dont nous sommes déjà proches, Réseau en Scène Languedoc-Roussillon, Languedoc-Roussillon livre et lecture, et de mieux connaître les autres, l'association Le Passe-Muraille et le Frac (Fonds Régional d'Art contemporain).

Pourriez-vous définir ce qui fait la force de CultiZer ?

La dimension transversale, non restreinte à une seule discipline artistique. L’échelle régionale, qui paraît plutôt pertinente pour centraliser des informations culturelles. Et la charte graphique très réussie !

Pour conclure, en quoi les nouvelles technologies de l'Information et de la Communication sont-elles nécessaires dans la Culture ?

Nous nous interrogeons en permanence sur la manière d’échanger sur nos pratiques culturelles, sur les formes qui peuvent donner le désir d’un livre, d’un spectacle, d’un film, d’une exposition. Après avoir ressenti une certaine appréhension envers la dématérialisation de cette communication, nous nous apercevons qu’elle nous pousse au contraire, vers plus d’échanges, plus de discussions, de construction de sens, d’intelligence et d’émotion, en somme, vers une transmission de la culture sous des formes nouvelles, mais qui nous ramènent toujours à l’art et à ses pratiques.

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